Haut les murs

By 18/11/2019 November 28th, 2019 De droite et de gauche, Légendes

Il y a les feuilles qui pavent les rues. La lumière, plus claire que d’habitude. Ce rayon de soleil qui perce au travers des immeubles.

Et je marche au gré du vent qui me glace, transportant un deuil que je regarde se réchauffer doucement, devant un reflet sculpté par l’automne. Je souris au hasard, pour les ombres buissonnantes de ce mur de briques, pour ce chaos confondu qui m’emporte.

Je le lie à un nuage non loin, qui se divise et se rassemble à mesure que son poids passe à la surface d’une tour de miroir. Et mon sourire est plus grand, il embrase mes joues glaciales, elles craquèlent tandis que la cire de ma peau durcit et s’effrite.

Drôle comme ma chaleur s’évade, bouillonnante, comme elle entre en résonance si aisément avec mes révoltes. A quelques pas de là, des jeux se forment, ils fusent dans une solitude déconstruite, toute entière livrée au présent. Leurs cris enveloppent le long couloir qu’ils empruntent. L’un de ces cris s’arrête devant moi. Je l’esquive et lui souris.

Je jetterais un regard à ses parents.  Je reprendrais ma marche.

Un regard droit, un hasard entier, la rue prend un air de rivière, j’y cherche des pépites perdues derrière mes yeux de vitrine. Je connais mes armes, mieux, je les maitrise.

Imperceptiblement, le temps se tait. La respiration se précise. Elle se tresse en un fil qui trace la symphonie. Chaque virgule dans l’air est un geste qui se répand. Qui s’étend. Une note vivante qui s’affine et se réforme. Comment vivre morne devant cette échauffourée de bonheur ?

Un dernier fragment du masque tombe devant un sourire offert. La lumière se tait, retourne à sa masse cotonneuse tandis que le vent glisse en ride délicate, effaçant tout de ton souvenir.

Et je me retrouve là, avec l’attention confuse d’avoir trouvé et perdu tout ce que je cherchais. Pour nos amours et nos hasard.

Mouvement de l’automne, je suis heureux d’avoir détourné ton identité sur les routes de l’ouvert.

Leave a Reply